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Thérèse et Jeanne d’Arc
vendredi 27 septembre 2002

par Dazur


Ce texte est extrait d’une étude sur "Thérèse de Lisieux"
Pour revenir à la page précédente : "Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face"

Nul ne sait où l’Histoire commence. Le fil que je vous propose de suivre a pris forme pour moi en 1412. Cette année-là, dans la lointaine province de Lorraine, Isabelle Romée de Voulton et Jacques d’Arc donnent naissance à leur quatrième enfant. C’est une petite fille. Ils la prénomment Jeanne. Le Royaume de France est en guerre. L’Angleterre, forte du Traité de Troyes signé en 1420 après la bataille d’Azincourt gagnée par Henri V, revendique la Couronne de France. Le Dauphin Charles se retranche au Sud de la Loire.

On connaît la suite. Jeanne du haut de ses 17 ans propose de conduire l’armée et le Gentil Dauphin à Reims. Elle est guidée par ce qu’elle appelle "ses voix" : St Michel, Ste Marguerite et Ste Catherine - dit-elle - guident ses actions et inspirent ses paroles.

Dans l’épreuve comme dans l’adversité, sa confiance est totale et son pas est si sûr que le 17 juillet 1429 voit le St Chrême, dans la cathédrale des Sacres, oindre Charles le Septième sous l’oeil serein de Jeanne, debout auprès de lui, tenant fermement un étendard identifié par certains comme étant le Baucéant du Temple.

Souhaitant poursuivre la reconquête du Royaume de France, elle repart, sans le soutien du Roi qui préfère, lui, s’essayer à la diplomatie. Après quelques victoires, elle est faite prisonnière à Compiègne. Achetée au prix fort par les anglais, elle est, après diverses pérégrinations, transférée à Rouen où le tribunal d’Inquisition commence son oeuvre. La seule façon de rendre nul le Sacre de Charles VII à Reims est de démontrer qu’il y a été conduit par une sorcière ou bien une hérétique. L’enjeu est de taille, le procès se doit d’être bien mené pour qu’il soit incontestable. On confie cette tâche à un brillant évêque français oeuvrant à l’Université de Paris toute entière à la solde des anglais : Pierre Cauchon.

Janvier 1431. Le procès commence. Et pendant de longues semaines, Jeanne répond avec la simplicité et la sûreté de sa toute confiance en celui qu’elle nomme "Messire Dieu, premier servi".

Le 24 mai, épuisée par cinq mois d’interrogatoires, elle signe un texte qu’elle ne sait pas lire et à la lecture duquel on l’a trompée. Quatre jours plus tard, ses paroles viennent contredire - et pour cause - ce qu’on lui a fait signer. Elle est déclarée relapse : elle sera brûlée. Le 30 mai 1431, on allume le bûcher. Jeanne avait 19 ans.

Notons - ceci est moins connu - que Charles VII attendra 19 ans pour demander la révision du procès de Jeanne d’Arc et que, 25 ans après sa mort, sera prononcée l’annulation de la condamnation.

De son côté, Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, attend une récompense digne de ses bons et loyaux services d’inquisiteur. Il espère devenir archevêque de Rouen. Sa déception est forte quand il apprend, 6 mois après la mort de Jeanne, sa nomination à l’évêché .... de Lisieux.

Pour lire la suite : "Les deux Thérèse..."

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